Arnold Bocklin, A la lisière du bois
Arnold Böcklin (1827-1901)

A la lisière du bois, Vers 1853.

Huile sur toile, H. 0.68 m ; L. 0.95 m

Signée en bas à droite (en rouge) : A Böcklin pt.
Etiquette d’exposition au verso : Frankfurt am Main 1914.

Provenance : Prof. Max Schmidt, artiste-peintre, Weimar-Königsberg, vers 1862.
Otto Hermann Claas, Königsberg, vers 1898.
J. M. Herberle, Cologne, et mise en vente par ce dernier chez Lempertz Cologne, le 23 avril 1900, no. 6.
Hugo Toelle, Barmen, 1900.
Madame Hugo Toelle, Barmen, depuis 1926 A partir de 1962 avec les deux petites-filles : Erika Espitalier-Stenger à Delmenhorst, et Lore Stenger à Leipzig Monsieur Espitalier-Stenger à Oldenburg.
Son fils Michael Espitalier à Brême à partir de 1972.
Vente Villa Grisebach Auktionen, Berlin, 25 novembre 2000, no. 225.
Collection privée, Italie.
Vente Dorotheum, Vienne, 11 octobre 2011, no. 58.
Collection privée, Suisse.

Bibliographie :
  • Heinrich Alfred Schmid, Verzeichnis der Werke Arnold Böcklins. Vervollständigter und verbesserter Neudruck, der die Nachforschungen bis zum Herbst 1902 enthält, [Munich 1903], no. 150, avec la remarque que l’artiste s’était resservi de ce paysage pour un autre tableau commencé en été 1864, voir no. 172.
  • Ludwig Thormaehlen, « Böcklins Studien aus den Jahren 1850 und 1851 », Repertorium für Kunstwissenschaft, t. 47, Berlin et Leipzig, 1926, p. 212.
  • Rolf Andree, Arnold Böcklin. Die Gemälde, Schweizerisches Institut für Kunstwissenschaft, Zürich (Oeuvrekataloge Schweizer Künstler 6), Bâle et Munich, 1977, no. 86 « Am Waldrand ».

Notre tableau résume ce que le jeune Böcklin a appris et expérimenté en dessinant et en observant la nature près de Rome durant les deux premières années de son séjour italien, de 1850 à 1852. Il s’agit d’une étude très poussée de la nature, démontrant les aspects typiques de la Campagne romaine : des rochers moussus, une végétation exubérante et un lit de ruisseau pierreux d’un cours d’eau asséché.

Böcklin pourrait avoir exécuté notre étude vers 1853. Il s’agit ici d’un simple paysage sans figures. Peu après, les premières personnages apparaissent dans ses tableaux, tout d’abord la figure du berger, petit et insignifiant devant la puissante coulisse de la nature, ensuite des figures symboliques : Syrinx s’enfuit devant Pan de 1854 (Andree 1977, no. 81) ; Nymphe à la source de 1854-1855 (Andree 1977, no. 93, 94).

Les tableaux suivants présentent un paysage proche de notre composition : la petite Chasse de Diane de 1855 (Andree 1977, no. 84), Vénus envoyant Cupidon de 1861 (Andree 1977, no. 135), Le Printemps dans ses deux versions de 1862 (Andree 1977, no. 136, 137) et le poète Pétrarque de 1863-1864 (Andree 1977, no. 194). Les figures deviennent de plus en plus dominantes, comme dans La lisière du bois avec centaure et nymphe de 1855 (Andree 1977, no. 97) et dans les deux versions du Pan dans les roseaux de 1857 et 1859 (Andree 1977, no. 114, 115).

Une idée mythique prolonge sa vision originale de la nature, qu’il restitue d’une manière méticuleuse et suggestive. Böcklin introduit dans ses compositions des figures fantastiques, le plus souvent monumentales et s’attache ainsi tout au long de sa carrière, à renouveler le genre de la peinture d’histoire à sujet mythologique. Böcklin reste l’une des figures majeures du symbolisme.