Collines près de Vejby, Zélande
Johan Thomas Lundbye (1818-1848)

Collines près de Vejby, Zélande, 1843

Huile sur papier marouflé sur toile., H. 0.16 m ; L. 0.18 m

Signée et datée en bas à gauche : 18 TL 43.
Inscription sur le châssis : Parti ved V(…)y 1843 / J. Th. Lundbye.

Provenance : Collection privée.

Considéré dès son vivant comme le principal paysagiste romantique danois, Lundbye semble avoir échappé à l’influence d’Eckersberg. Dès l’âge de 12 ans, il suit un enseignement de dessin auprès de Johan Ludwig Lund, qui avait été proche de Caspar David Friedrich et des Nazaréens allemands de Rome. Par la suite, il est l’élève du peintre animalier Christian Holm. Admis à l’Académie de Copenhague en 1833, Lundbye se lie d’amitié avec Thorald Laessøe et Peter Christian Skovgaard. Dans ces années-là, le style et le sens du coloris de Christen Købke exercent une influence déterminante sur lui. Par la suite, le paysagiste norvégien Johan Christian Dahl le marque probablement davantage.

En 1835, il débuta à l’exposition de Charlottenborg. On considère qu’il atteignit sa maturité artistique vers 1838. En 1842, il commence à suivre les conférences de l’historien d’art N.L. Høyen. De même, il se rend à l’église de Vartov pour écouter prêcher N.F.S. Grundtvig et demeure influencé par leurs idées romantiques nationalistes durant quelques années, avant de prendre ses distances.

En 1845, il reçoit une bourse de voyage de l’Académie et se rend à Rome, mais ce voyage ne semble pas avoir été d’une grande importance pour son œuvre. Bien qu’attiré par le courant nazaréen, il ne s’arrête pas à Munich, et n’entreprit d’ailleurs jamais de voyage à Dresde, capitale du romantisme friedrichien.

Lorsque la guerre du Schleswig-Holstein éclata en 1848, Lundbye se porta volontaire. Il mourut officiellement d’une balle perdue mais il s’agissait peut-être d’un suicide.

En été 1843, Lundbye passa deux mois avec son ami Skovgaard à Vejby, dans le Nord de la Zélande. Notre esquisse était sans doute peinte sur le vif depuis une colline, regardant vers Holløse, un petit village près de Tisvilde sur la côte. On voit les célèbres collines « Tibirke Bakker », anciennes dunes de sable couvertes de bruyère. Lundbye ne faisait jamais des reproductions topographiques, mais créa des images idéalisées de la nature.

Le traitement de la perspective de notre tableau ne doit rien à la construction géométrique d’Eckersberg. D’un premier plan plutôt sombre avec une végétation luxuriante, on passe à l’arrière plan avec une alternance de zones claires et sombres. Paysage au nord de la Zélande, peint par Lundbye en 1842, (Statens Museum of Kunst, Copenhague ) montre une composition similaire. Un tableau peint par J. C. Dahl en 1814, Praesto, vue de la vieille route (Nasjonalgalleriet, Oslo) est construit selon le même principe et a pu influencer Lundbye.

Notre tableau montre les caractéristiques stylistiques de Lundbye, avec la générosité d’un paysage ouvert et libre, sur lequel se répand la lumière à larges flots. Plutôt que de s’attarder sur trop de détails, Lundbye capte les masses et lignes de l’ensemble, et donne souvent un effet monumental à ses oeuvres. Il utilise des couleurs tendres et finement nuancées.