Théodule Ribot, Jeune homme lisant
Théodule Ribot (1823-1891)

Jeune homme lisant, avant 1869

Plume et encre de chine, aquarelle sur papier, H. 130 mm ; L. 100 mm

Inscription par le marquis de Chennevières au verso : Ribot – ce dessin a été donné par Ribot à Basset qui me l’a donné le 13 juin 1869

Provenance : Collection du marquis Philippe de Chennevières (1820-1899), son cachet en bas à droite (Lugt n°2073)
Sa vente à Paris, du 4 au 7 avril 1900, Dessins anciens et modernes, miniatures. Environ trois mille dessins décrits sous 740 nos, tous de l'école française, n° 704 : « Jeune garçon assis en lisant. Aquarelle », adjugé 20 francs à Michel.
Collection privée

Bibliographie :

Philippe de Chennevières, « Une collection de dessins d’artistes français », L’Artiste, publié en 22 chapitres entre août 1894 et décembre 1897, chapitre IX, août 1895, p. 101 (cité).

Louis-Antoine Prat, Laurence Lhinarès, La collection Chennevières. Quatre siècles de dessins français, Musée du Louvre, Paris, 2007, p. 330, no. 422 (comme localisation actuelle inconnue).

Peintre et aquafortiste, Théodule Ribot a dû lutter pour se faire reconnaitre et faire reconnaitre un art qui se démarquait des productions contemporaines. La diversité de sa création éblouit ses contemporains par son indépendance et par son originalité. Il pratique tous les types de peinture : tableaux religieux ou d’inspiration littéraire, portraits, scènes de genre, natures mortes et même paysages, notamment des marines. L’influence de la peinture espagnole (Ribera, Velázquez) est sensible sur son style réaliste, sobre et vigoureux. Son travail de dessinateur, d’une invention exceptionnelle, est remarquable.

En 1844, Ribot se marie avec Marie Clémentine Germain. Ils auront un fils en 1845 (Clément Théodule), et une fille en 1857 (Louise). Les enfants ont tous deux choisi de devenir peintres après avoir reçu les leçons de leur père. Le garçon, qui prend les prénoms Germain Théodule, débute au Salon en 1870, avec des natures mortes.

En 1849, Ribot devient élève du peintre Auguste Barthélémy Glaize. Vers la même époque, il se lie d’amitié avec Eugène Boudin, dont il fait la connaissance au Havre. Désormais, il séjournera souvent en Normandie. À partir de 1850, Ribot détient une carte lui permettant de copier au Louvre (1). Il est refusé par le jury du Salon en 1852, 1853 et 1859 (et doit attendre deux ans pour se présenter de nouveau). En 1861 pour la première fois, son envoi au Salon est accepté par le jury. La même année, il adhère à la Société des Aquafortistes. Il participera également dans les salons en province, notamment à Rouen, Bordeaux et Lyon.

Notre dessin a appartenu à Charles-Philippe marquis de Chennevières (1820-1899), historien d’art et directeur des Beaux-Arts. Son goût particulier pour le dessin a fait de lui l’un de plus grands collectionneurs, ayant fait sa sélection tant comme connaisseur au goût délicat que comme historien érudit.

  1. Dominique Lobstein, Théodule Ribot (1823-1891), 2018, p. 10.[]
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