Ernest Meissonier, Le cheval du guide, armées de Napoléon
Ernest Meissonier (1815-1891)

Le cheval du guide, armées de Napoléon, 1877

Huile sur papier marouflé sur panneau, H. 0.64 m ; L. 0.35 m

Monogrammé en bas à droite

Provenance : Collection privée, France

Au Salon de 1864, Meissonier, connu jusqu’alors comme peintre de genre, inaugure une seconde carrière de peintre de sujets militaires, principalement de l’époque napoléonienne. Abandonnant l’histoire contemporaine pour retourner à un passé légendaire, il expose 1814, la Campagne de France (huile sur bois, H. 0,52 m ; L. 0,77 m, Paris, musée d’Orsay). Cette nouvelle spécialisation se révèle bien mieux adapté à son imagination et à ses méthodes de documentation. L’artiste sait donner à sa vision des accents réalistes, qu’il prépare consciencieusement. Il recherche avec enthousiasme les habitudes de ses principaux personnages et, chaque fois qu’il le peut, il utilise des accessoires de l’époque. Meissonier a l’habitude de travailler séparément les personnages et les chevaux sur de nombreux petits panneaux.(1)1.)) C’est également à cette époque que l’artiste commence à façonner de petites sculptures de certains motifs équestres pour pouvoir travailler sur un modèle en trois dimensions qui fige le mouvement. La principale source de Meissonier est l’Histoire du Consulat et de l’Empire d’Adolphe Thiers, qui paraît en vingt volumes entre 1845 et 1862.

Notre tableau est une étude pour un guide à cheval des armées de Napoléon. Les compagnies de guides à cheval regroupent quelques dizaines d’hommes créées auprès des états-majors des différentes armées et chargées de la protection et l’escorte de l’état-major ainsi que de l’ouverture des routes. Les plus célèbres sont les guides à cheval de l’armée d’Italie de 1796 et 1797. Réorganisée par Bonaparte lors de sa nomination au commandement de l’armée d’Italie, la compagnie est confiée au capitaine Jean-Baptiste Bessières (1768-1813). Destinés principalement aux escortes, ils fournissent des petits postes, des reconnaissances sous les ordres des aides-de-camp du général en chef ou plus simplement son service d’escorte rapprochée. Ils vont également être utilisés ponctuellement comme force d’appoint pour des coups de main audacieux ou comme force de réserve dans la bataille.

  1. Ernest Meissonier. Rétrospective, cat. exp. Musée des Beaux-Arts de Lyon, 25 mars – 27 juin 1993, p. 191.[]
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