Henri-Joseph Harpignies, Le pont de La Concorde
Henri-Joseph Harpignies (1819-1916)

Le pont de La Concorde, Paris, 1875

Aquarelle sur papier, H. 162 mm ; L. 240 mm

Signé en bas à gauche : H. Harpignies 1875

Provenance : Collection privée

La longue vie d’Henri-Joseph Harpignies recouvre beaucoup de mouvements majeurs dans la peinture du XIXème siècle. Lorsqu’il démarre sa carrière, l’École de Barbizon s’installe et s’organise, modifie la traditionnelle idée de la peinture de paysage et revendique sa propre identité dans l’histoire de l’art. Plus tard, Harpignies verra apparaître le mouvement Réaliste, la naissance de l’Impressionnisme et du Post Impressionnisme. Bien qu’il ait été profondément intéressé par ces mouvements, il se laisse peu influencer, l’analyse de son travail montre qu’il est resté insensible aux influences artistiques de la première moitié du dix-neuvième siècle. En cela on peut le rapprocher de son ami et mentor Jean-Baptiste-Camille Corot. Son amour pour Rome et ses environs, son affection pour la tradition de paysage classique ont dominé toute son œuvre.

Il étudie à Paris avec Jean Archard (1807-84). Il visite Rome pour la première fois en 1850 et s’installe à la villa Médicis où il passe deux ans se consacrant principalement aux paysages de la campagne romaine. Il peint aussi des vues de villes et au cours d’un voyage à Naples plusieurs vues du Vésuve. Installé six mois à Capri, son travail sur les paysages de l’île sera déterminant, sa Vue de Capri, au Salon de Paris en 1853, marquera le début de son succès.

Une deuxième visite en Italie en 1863-65 lui offre l’opportunité d’une étude approfondie des paysages de Corot. En 1866, sa première œuvre majeure, Soir dans la campagne romaine, lui apporte une reconnaissance officielle et établit sa réputation. Le tableau est maintenant dans les collections du Louvre. Dès lors, Harpignies reçoit beaucoup honneurs et de nombreuses oeuvres sont acquises par les collections publiques.

Après ses études en Italie, à son retour en France, son art atteint sa pleine maturité d’expression, la couleur est riche et hardie, marquant sa période la meilleure. Il passe beaucoup de temps en Bourgogne dans l’Yonne près du canal du Nivernais, et s’y installe définitivement en 1878.

Cette aquarelle représente le Pont de la Concorde à Paris, qui franchit la Seine entre la Place de la Concorde et le Quai d’Orsay. Sa construction est achevée en 1791, utilisant pour sa maçonnerie des pierres prises de la Bastille. À cause d’une circulation plus importante, le pont a dû être élargi des deux côtés entre 1930 et 1932, doublant la largeur du pont original. Bien que la composition de notre aquarelle soit soigneusement structurée, l’exubérance de la touche lui confère de la spontanéité.

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