L'idolâtrie de Salomon
Nicolas Vleughels (1668-1737)

L’idolâtrie de Salomon, Vers 1720.

Huile sur papier marouflée sur panneau., H. 0.21 m ; L. 0.30 m

Provenance : Collection privée, Allemagne.

Nicolas Vleughels est initié à la peinture par son père, avant de travailler avec Pierre Mignard. Il se rend ensuite en Italie, et séjourne à Rome puis à Venise. De retour en France, il est nommé académicien en 1716, et obtient en 1724 la direction de l’Académie de France à Rome, qu’il exerce jusqu’à sa mort en 1737. Son œuvre se caractérise par des coloris chauds empruntés aux Vénitiens et une vivacité de la touche proche de Watteau.

L’artiste met ici en scène le roi Salomon, vêtu d’étoffes chatoyantes, en train d’effectuer une offrande à une idole païenne, au sein du temple de Jérusalem qu’il a construit. L’une de ses femmes semble guider son geste, tandis que les autres concubines, habillées de manière opulente, le contemplent. A droite, un groupe de spectateurs ne semble pas prendre part à cette cérémonie, comme si déjà ils pressentaient la conséquence funeste de cet acte, à savoir la destruction de leur royaume.

L’épisode est relaté dans le Livre des Rois dans l’Ancien Testament (1 Rs 11, 7-8). Le roi Salomon, connu pour sa sagesse proverbiale et sa grande richesse, fut à la fin de sa vie encouragé par les femmes de son harem à s’attacher de plus en plus au culte des idoles. Ce sujet rencontra une popularité avérée dans les pays protestants au cours des années 1600. Il reflétait en effet la désapprobation protestante envers l’usage d’images religieuses par l’Église catholique, pratique que les Protestants considéraient comme idolâtre.