Vue des chutes de Niagara
Jean-Charles-Joseph Rémond (1795-1875)

Vue des chutes de Niagara, Vers 1839

Huile sur toile, H. 0.43 m ; L. 0.64 m

Signée en bas à gauche : Rémond.

Provenance : Collection privée

Jean-Charles Joseph Rémond est d’abord l’élève de Jean-Baptiste Regnault. A partir de 1814, il étudie auprès de Jean-Victor Bertin chez qui il acquiert une formation de peintre de paysage historique. C’est dans cette catégorie que lui est décerné le Prix de Rome en 1821. Doté d’une technique assurée héritée de sa rigoureuse formation académique, Rémond profite de son long séjour italien (jusqu’en 1826), pour multiplier les séances en plein-air qui le conduisent de Naples à Tivoli et de Padoue à Venise.

De retour à Paris, Rémond ouvre un atelier où l’on compte parmi ses élèves Théodore Rousseau et Eugène Fromentin. L’artiste rédige plusieurs traités présentant ses principes de composition du paysage. Si ses convictions demeurèrent néoclassiques, il est néanmoins un acteur du développement de la peinture de plein-air. Infatigable voyageur, il rapporte de ses périples en France, en Italie et en Suisse des centaines d’études peintes.

Pendant son séjour à Rome, il se lie d’amitié avec son futur beau-père, l’architecte Guillaume Abel Blouet (1795-1853). Celui-ci effectue en 1837 un voyage en Amérique et réalise six études des chutes du Niagara, dont Rémond tire des lithographies pour un ouvrage édité chez Delpech en 1838. Comme le tableau du musée de Rouen sur le même sujet, cette vue peut être rapprochée de la première planche intitulée : Vue de la grande chute du Fer à Cheval, prise de l’île de la Chèvre. Rémond remplace la chèvre de l’estampe par deux hommes dont Blouet, à qui l’artiste offre le tableau conservé aujourd’hui au musée de Rouen.

Rémond donne une vision naturaliste de ce site magnifique en employant une palette claire et lumineuse. Notre tableau témoigne de son art élégant et de la fluidité de sa peinture.

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